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Nos enjeux

Terminologie utilisée pour désigner cette population

• Actuellement, les acteurs qui interviennent peu ou prou auprès de cette population emploient des termes extrêmement divers. Ainsi :

  • ce n’est pas la même terminologie (et par conséquent les mêmes définitions attachées) qui est utilisée au fédéral et au provincial;
  • pour un acteur donné, la définition d’un même terme peut varier dans le temps;
  • au Québec, la terminologie varie d’un acteur à l’autre et pour un même acteur, l’emploi de plusieurs termes peut coexister dépendamment des contextes ou des situations.

• Cependant, plusieurs acteurs utilisent « personne handicapée ». Car c’est un terme légal qui désigne « toute personne ayant une déficience entraînant une incapacité significative et persistante et qui est sujette à rencontrer des obstacles dans l’accomplissement d’activités courantes » [1].

• Mais ce terme est de plus en plus contesté par des acteurs qui lui préfèrent « personne en situation de handicap »[2]. Dans le Lexique[3] dont le CCPH s’est doté, il est noté à propos du terme « personne handicapée » : « On lui reproche le fait d’occulter que ce sont le cadre de vie et l’organisation sociale, du fait de contraintes qui restreignent une partie de la population, entraînant alors l’apparition de situations de handicap. De même, ce concept aurait aussi comme inconvénient de faire une distinction ségrégationniste entre les « valides » et les « autres », puisqu’il ramène le handicap à la personne. ».

• Pour l’instant, le CCPH utilise le terme légal mais le débat en son sein autour de la terminologie employée doit s’y poursuivre car :

  • les acteurs à l’interne comme à l’externe ont besoin de savoir de qui l’on parle et de partager un même terme et une même définition;
  • cette situation empêche notamment le Comité de disposer de statistiques fiables (voir enjeu suivant);
  • les « mots pour le dire » sont loin d’être anodins :

→ la population handicapée elle-même pouvant ne pas se reconnaître[4] dans certains termes utilisés, notamment ceux qui sont plus stigmatisants que d’autres et par là-même qui peuvent renforcer les stéréotypes et les préjugés déjà existants à son égard;

→ les acteurs associés au champ du handicap vont aussi choisir un terme en adéquation avec leur vision du handicap, les obstacles auxquels ils veulent s’attaquer en priorité et les leviers d’intervention qu’ils veulent privilégier[5].

 

[1] Selon la Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale.

[2] Ce terme est aussi associé au Modèle de développement humain – Processus de production du handicap (MDH-PPH) qui se caractérise par le fait que le phénomène du handicap y est conceptualisé en tant qu’interaction entre des facteurs personnels et des facteurs environnementaux.

[3] CCPH, Université Laval, CIRRIS et CIUUS de la Capitale nationale. (2018). LEXIQUE  Vocabulaire et terminologies dans les domaines de l’intégration et du maintien en emploi dans le champ du handicap. 90 pages.

[4] Dans ce cadre, on constate actuellement dans différents contextes, une résistance ou un refus de la population handicapée à s’auto-identifier ou à s’auto-dévoiler sous le couvert de certains termes.

[5] Ainsi le terme « personne en situation de handicap », beaucoup plus que « personne handicapée » met l’accent sur les obstacles systémiques vu l’importance qu’il accorde aux facteurs environnementaux, et ce, sans oublier les facteurs personnels.