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Nos enjeux

Programmes et mesures destinés aux PH

NB. Les données présentées ci-dessous seront mises à jour et complétées à la suite du « portrait » que le Comité consultatif Personnes handicapées (CCPH) a entrepris de réaliser entre 2018 et 2020 (sur deux ans).

Les personnes handicapées qui bénéficient des interventions des services publics d’emploi représentent une portion négligeable, soit près de 3% du bassin de personnes ayant une incapacité au Québec, évalué à environ 361,000 personnes[1]. Ainsi, si l’on se base sur les chiffres présentés ci-dessus  les personnes handicapées en lien avec le MTESS bénéficient en beaucoup plus grand nombre de ses mesures passives (Volet « Solidarité sociale ») que de ses mesures actives (Volets « Emploi » et « Aide sociale »).

Pour augmenter le bassin des personnes handicapées actives sur le marché du travail, il semble primordial de bonifier et de développer l’offre de services actuelle tout en répondant notamment aux questions suivantes :

  • cette offre est-elle accessible et utilisée à/par l’ensemble des personnes handicapées? Plusieurs acteurs s’entendent par exemple pour dire que les personnes handicapées n’en sont pas suffisamment informées ou que celles sortant avec un diplôme post-secondaire l’utilisent peu. Qu’en est-il aussi pour les personnes immigrantes handicapées[2]? Cette offre comble-t-elle les besoins des personnes handicapées très éloignées du marché du travail qui ne peuvent même pas travailler en entreprise adaptée mais qui souhaitent exercer des activités socioprofessionnelles et communautaires?
  • cette offre permet-elle autant de soutenir l’intégration des personnes handicapées que leur réintégration et leur maintien en emploi, seule une minorité de personnes handicapées (11,4%) l’étant à la naissance[3]? Existe-t-il des formules de « pré-intégration » où la personne handicapée peut se trouver en situation d’emploi mais sans être employée (ex. stage)?
  • quelques programmes/mesures spécifiques existent actuellement au Québec pour favoriser l’intégration, la réintégration et le maintien en emploi des personnes handicapées. On pense principalement au Contrat d’intégration au travail (CIT) et au Programme de subvention aux entreprises adaptées (PSEA). Au-delà d’une évolution quantitative du nombre de places dans le CIT ou le PSEA, cette mesure et ce programme ont-ils fait l’objet d’une évaluation en bonne et due forme permettant d’en connaître et d’en comprendre les impacts et retombées économiques et sociales?

Quelle est la qualité des emplois[4] occupés lors de la participation des personnes handicapées à ces programme/mesure? Cette participation permet-elle le passage à terme vers un emploi en milieu régulier sans subvention?

Dans le contexte actuel et au-delà des services/programmes/mesures spécifiques, n’est-il pas aussi nécessaire de vérifier l’accessibilité et l’usage des services/programmes/mesures d’emploi dits « universels »?

  • Plusieurs acteurs s’entendent sur les nombreux obstacles systémiques (par exemple, de l’ordre des attitudes, d’ordre physique ou organisationnel) qui se dressent sur le chemin de l’intégration, de la réintégration et du maintien en emploi des personnes handicapées. L’offre de services existante permet-elle d’intervenir pour surmonter ce genre d’obstacles? L’enjeu suivant abordera cette question de façon plus développée.

 

[1] OPHQ. (2017). Les personnes avec incapacité au Québec. Prévalence et caractéristiques de l’incapacité. Volume 1. Page 4.

[2] Pour la SNMO[2], les personnes immigrantes (et future population immigrante) constituent le deuxième bassin important de main d’œuvre disponible (à raison de 22 % de l’offre de main-d’œuvre de 2017 à 2026). Il faut également relever, concernant la future population immigrante, qu’en avril 2018, le Gouvernement fédéral a modifié sa politique d’interdiction de territoire pour les immigrants handicapés afin de permettre à un plus grand nombre d’entre eux de s’installer au Canada. En conséquence, la part des personnes handicapées parmi les immigrants pourrait augmenter dans le futur.

[3] Selon l’OPHQ (2017), en effet, parmi la population de 15 ans et plus avec incapacité, l’origine principale de l’incapacité est pour 21,6 % le vieillissement, pour 20,7 % la maladie, pour 14,5 % une blessure ou accident non lié au travail et pour 18,5 %, une cause liée au travail.

[4] Statistique Canada. (Décembre 2018). Évaluation de la qualité des emplois au Canada : une approche multidimensionnelle. 36 pages.