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Nos enjeux

Interventions auprès des jeunes PH

NB. Les données présentées ci-dessous seront mises à jour et complétées à la suite du « portrait » que le Comité consultatif Personnes handicapées (CCPH) a entrepris de réaliser entre 2018 et 2020 (sur deux ans).

• Le bilan de la phase 1 de la Stratégie nationale pour l’intégration et le maintien en emploi des personnes handicapées mentionne qu’il y aurait annuellement, plus de 1000 jeunes personnes handicapées âgées de 21 ans et moins qui deviennent des prestataires de la solidarité sociale à la fin de leur fréquentation scolaire.

Alors que plus récemment, la Stratégie nationale sur la main d’œuvre (SNMO)[1] identifie les jeunes en général comme le premier « moyen » pour augmenter l’offre de main d’œuvre de 2017 à 2026 (à raison de 54% de l’offre) et alors que l’on observe une augmentation importante et constante des personnes handicapées parmi les finissants à tous les ordres d’enseignement[2], cette situation apparaît particulièrement préoccupante et prioritaire à adresser.

Pour ces jeunes handicapés, il semble y avoir une rupture entre l’ « inclusion » vécue dans le milieu scolaire et l’ « exclusion » vécue dans le marché du travail. Pour leur permettre de s’intégrer en milieu de travail régulier ou adapté dès la fin de leur processus de scolarisation et éviter ainsi d’avoir besoin de l’aide de dernier recours, plusieurs questions devront trouver des réponses :

  • cette transition est-elle vécue de la même manière par les élèves et étudiants aux différents ordres d’enseignement? Similarité ou variabilité des besoins?
  • à partir de quel moment dans le processus de scolarisation, cette démarche de transition doit-elle être engagée? Jusqu’où doit-elle se poursuivre après la sortie de l’école?
  • au-delà de l’arrimage déjà existant particulièrement entre les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) et de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et au-delà de la Démarche de transition de l’école vers la vie active (TEVA)[3] proposée par le MEES au niveau secondaire et qui touche à toutes les sphères de vie, quels sont les autres acteurs qui doivent intervenir autour de la transition et de quelle manière?

• Au-delà d’une présence significative des jeunes handicapés sur l’aide de dernier recours, il faut noter qu’au Québec, 14% des personnes avec incapacité de 15 ans et plus reçoivent une prestation d’assistance sociale[4]. Cette proportion est plus élevée chez les 15 à 34 ans (27%) et les 35 à 64 ans (22 %) que chez les 65 ans et plus (1,8%).

Par ailleurs, les données du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS)[5] nous démontrent que parmi les adultes prestataires des programmes d’aide financière de dernier recours en mars 2018[6], les personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi[7] constituent 40,1% de la clientèle soit 128 253 personnes.

Dans le contexte actuel de rareté/pénurie de main d’œuvre, ne serait-il pas intéressant de se pencher davantage sur le potentiel d’employabilité des personnes dites « ayant des contraintes sévères à l’emploi » en tenant compte de leurs capacités et de leurs projets de vie, et sur leur accès et utilisation plus larges aux mesures actives d’Emploi-Québec, via notamment les Services spécialisés de main d’œuvre- Personnes handicapées (SSMO-PH)? Et d’identifier quels sont les éléments (y compris d’ordre financier ou fiscal) dans les services/programmes/mesures gouvernementaux qui empêcheraient ou qui favoriseraient l’intégration ou la réintégration en emploi de plusieurs de ces personnes?

 

[1] Gouvernement du Québec. (2018). Stratégie nationale sur la main-d’œuvre 2018-2023. Le Québec à l’ère du plein emploi. Pages 15 à 17.

[2] Par exemple, Le Devoir. (7 mars 2018). Le nombre d’étudiants souffrant de déficience bondit dans les établissements postsecondaires.

[3] MEES. (2018). Guide pour soutenir la démarche de transition de l’école vers la vie active (TEVA).24 pages.

[4] OPHQ. (2017). Les personnes avec incapacité au Québec. Caractéristiques sociodémographiques et économiques. Volume 2.

[5] MTESS. (2018). Rapport statistique sur la clientèle des programmes d’assistance sociale. 17 pages.

[6] Voir référence ci-dessus

[7] Au Programme de solidarité sociale, les personnes avec contraintes sévères à l’emploi ont démontré, par un rapport médical, que leur état physique ou mental est affecté de façon significative, pour une durée permanente ou indéfinie.