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Nos enjeux

Accès à la formation et aux stages

NB. Les données présentées ci-dessous seront mises à jour et complétées à la suite du « portrait » que le Comité consultatif Personnes handicapées (CCPH) a entrepris de réaliser entre 2018 et 2020 (sur deux ans).

Comme dans bien des sociétés développées, la formation est devenue au Québec une clé importante pour accéder au marché du travail.

En premier lieu, il est donc pertinent d’examiner l’accès des personnes handicapées à tous les ordres d’enseignement. Or, tel qu’évoqué dans l’enjeu précédent, il est difficile de dresser un portrait global de la présence des élèves et étudiants handicapés dans le Réseau de l’éducation. La complexité d’un tel exercice s’explique notamment par le fait :

  • que certains élèves ou étudiants (dont le handicap n’est pas immédiatement visible) ne souhaitent pas s’identifier comme personne handicapée. Le handicap peut aussi ne pas être dévoilé à l’entrée mais plus tard, qu’en cours de formation;
  • qu’à certains niveaux, des diagnostics médicaux sont exigés et qu’à d’autres niveaux, pas[1].

Dresser un tel portrait s’avère pourtant nécessaire pour juger de la représentation ou pas, notamment dans les programmes de formation professionnelle et technique qui ont l’intérêt d’offrir des formations qualifiantes pouvant conduire directement et rapidement au marché du travail. Enfin, les statistiques relatives à la persévérance scolaire de ces élèves seraient aussi importantes à considérer[2].

Si la classe peut constituer un « avant-goût » du milieu de travail dans certains cas[3], le stage en cours ou en fin de formation l’apparaît davantage. D’autant plus que pour de plus en plus d’employeurs, ce sont l’occasion de repérer une relève potentielle. Aux dires des Services spécialisés de main d’œuvre- Personnes handicapées (SSMO-PH) qui sont sollicités par les établissements d’enseignement, l’accès à de tels stages semble plus difficile pour les élèves et étudiants handicapés. Il y aura donc lieu d’analyser plus particulièrement les raisons d’une telle difficulté et comment les différents acteurs peuvent travailler ensemble à la lever.

Si l’on examine maintenant la participation des personnes handicapées à la formation (et éventuellement aux stages) avec une visée d’emploi, d’autres questions devront être soulevées:

  • en amont de l’entrée en formation, peut-il y avoir des enjeux d’information scolaire et d’orientation professionnelle liés à une dissonance possible entre le programme choisi et la capacité de la personne (comprend aussi l’environnement) à exercer le ou les métiers au(x)quel(s) il prépare[4]? Là aussi, cela peut-il poser un défi de collaboration entre Services spécialisés de main d’œuvre- Personnes handicapées (SSMO-PH) et établissements d’enseignement?
  • étant donné les exigences des employeurs, que fait-on avec les personnes handicapées qui sortent du système scolaire sans diplôme d’études secondaires (DES) ou à la limite, avec juste un DES[5]? Au-delà de l’école et dans une perspective de formation tout au long de la vie, quels sont les lieux et les moyens dont disposent les personnes handicapées peu scolarisées pour continuer à développer leurs compétences? Ceux existants (notamment dans les milieux de travail) leur sont-ils accessibles?

D’une manière plus générale, les personnes handicapées étudient-elles dans des programmes qui les positionnent bien pour exercer des métiers d’avenir?

En résumé, les enjeux d’accès à la formation pour les personnes handicapées sont loin de se réduire à la formation initiale et de s’arrêter aux portes de l’école.

 

[1] Ainsi dans un niveau d’enseignement où le diagnostic médical est exigé, si un étudiant handicapé ne le possède pas, il ne sera ni traité (pas d’accès aux services spécialisés) ni considéré/comptabilisé en tant que tel par l’établissement.

[2] Dans une publication consacrée à la scolarisation des personnes avec incapacité (2017), l’OPHQ présente des données chiffrées concernant les besoins d’adaptation des élèves ou étudiants handicapées et indique que 3 personnes sur 10 ont mis fin à leurs études en raison de leur état.

[3] Dans la même publication, l’OPHQ indique que 28% de ces personnes ont été victimes d’intimidation à cause de leur état et 30 % ont l’impression d’avoir été mises à l’écart ou évitées pour ces raisons.

[4] En abordant cette question, il faudra veiller à ne pas faire de « profilage » des personnes handicapées en matière d’information scolaire et d’orientation professionnelle.

[5] Selon l’OPHQ (2017), les personnes avec incapacité de 15 ans et plus sont globalement moins scolarisées que celles avec incapacité : 35% ne détiennent pas de DES contre 20% et proportion similaire pour les détenteurs de DES appartenant aux deux populations.